Les fiacres lausannois

Au XIXe siècle, quelques habitants d'Epalinges, qui possédaient un ou deux chevaux, gagnaient leur vie en venant à la Maladière doubler les attelages des grands chars de marchandises venant de Genève. Ils les accompagnaient jusqu'au Chalet-à-Gobet et recevaient quatre francs anciens par cheval, plus une bouteille de vin.

Au milieu du XIXe siècle, l'éclairage public était supprimé, par raison d'économie, durant les quinze jours pendant lesquels la lune était censée éclairer la ville, ce qui donnait lieu, les soirs de mauvais temps, à de nombreuses réclamations. "Ce n'est pas la faute de la police, répondait un aubergiste à un consommateur qui avait heurté un char dans la nuit, si la lune n'éclaire pas quand elle doit éclairer!"

Au XIXe siècle, Saint-François était le centre du trafic hippomobile, car c'était là que s'effectuaient l'arrivée et le départ de toutes les diligences. Avant l'aménagement de la route de Derrière-Bourg, c'était un spectacle original de voir la lourde diligence de Berne, attelée de douze chevaux, monter les rues de Bourg et de Marterey avec dix voyageurs et leurs colis. Dans les rues circulaient aussi les énormes chars dits "chars d'Anjou", attelés de dix-huit chevaux et souvent davantage, parfois si chargés de marchandises qu'elles s'élevaient jusqu'aux premiers étages. Ils n'atteignaient qu'avec peine le Chalet-à-Gobet où une halte s'imposait.

Les cochers de fiacres, pour avoir le droit de transporter les voyageurs, devaient obtenir une autorisation de la Municipalité. Celle-ci avait adopté, le 15 juillet 1870, un règlement spécial exigeant des cochers une tenue convenable, leur interdisant de s'éloigner de leurs chevaux, de fumer en conduisant la voiture et de réclamer un pourboire.

Le dernier fiacre de Lausanne, supplanté par les taxis automobiles, disparut en 1926. Son propriétaire, Emile Grandchamp, avait été cocher pendant quarante ans.
   

Anonyme, photographie, St-François, 1893-1894 © mhl Henri Blancart, photographie, Grand-Pont, 1888-1892 © mhl Anonyme, photographie, Rte de Berne, 1901


 Blé nonette de Lausanne

Syn. : Blé de la Mecque; blé géant de Sainte-Hélène D'hiver.
Paille pleine, grosse, haute et forte, assez dure.

Épi rouge, légèrement velu, carré, s'effilant à peine vers la pointe, muni de barbes rousses, longues et fortes.Grain rouge ou jaune rougeâtre, gros, un peu court, bien plein.

 

La nonette de Lausanne est très anciennement cultivée dans une bonne partie de l'Europe centrale: en Suisse, on a découvert des grains de blé calcinés provenant d'habitations lacustres, qui semblent appartenir à cette variété ou au moins à un poulard. La nonette de Lausanne est aussi cultivée dans l'ouest de la Russie d'où elle s'exporte par la mer Baltique sous le nom de blé de Dantzick. C'est une variété remarquablement rustique et productive, s'accommodant des terres fortes ou humides et résistant bien à toutes les intempéries, aussi est-elle cultivée de préférence dans les pays où la culture n'est pas très avancée, dans les terres froides et dans les pays de montagnes. Elle a, comme tous les poulards, l'avantage de résister d'une manière presque absolue à la verse. Vers la maturité, l'épi devient généralement pendant, la partie supérieure de la paille s'infléchit pour le laisser se courber vers la terre, mais le reste de la paille reste droit et ferme. Le grain de la nonette de Lausanne est de qualité médiocre, mais cet inconvénient est compensé par l'abondance du rendement. Le semis doit en être fait au mois d'octobre ou de novembre; ce n'est pas un blé de printemps.